Les grandes approches en psychologie

Illustration des principaux courants de la psychologie : psychanalyse, TCC, psychologie sociale et psychologie du travail

📖 Temps de lecture : 5 minutes

Pourquoi la psychologie regroupe-t-elle autant d’approches différentes ?
Courants théoriques, champs disciplinaires, approches thérapeutiques : de quoi parle-t-on ?
Ce que chacun apporte à la lecture du travail
Ce qui nourrit plus particulièrement ma pratique de psychologue du travail : la psychodynamique du travail et la clinique de l’activité

Pourquoi existe-t-il plusieurs courants en psychologie ?

Une précision avant de commencer : tout ce qui suit ne se situe pas sur le même plan. La psychanalyse, l’humanisme ou le systémisme sont des courants théoriques de grandes manières de penser le fonctionnement psychique. La neuropsychologie, la psychologie cognitive, la psychologie du développement ou la psychologie sociale sont plutôt des champs disciplinaires, des domaines de recherche qui étudient un objet précis. Les TCC, elles, sont une approche thérapeutique, une méthode d’intervention qui découle du courant cognitivo-comportemental. Je ne les mets pas ici sur le même plan pour les confondre, mais parce que chacune, à sa façon, vient nourrir la grille de lecture que je mobilise en tant que psychologue du travail.

Le principe clé : nos symptômes, nos angoisses ou nos blocages actuels sont souvent l’expression de tensions inconscientes et d’expériences passées qui continuent d’agir sur nous.
Ce qu’elle apporte à la lecture du travail : elle offre une grille pour entendre ce que Christophe Dejours appelle le coût psychique du travail. C’est à dire, l’investissement affectif que l’on y place, la quête de reconnaissance, et la façon dont notre histoire personnelle peut résonner dans notre vie professionnelle.
Le principe clé : L’accent est mis sur le présent. Il s’agit d’identifier les pensées automatiques ou les réactions comportementales qui entretiennent le malaise, pour réapprendre progressivement des réponses plus adaptées.
Ce qu’elle apporte à la lecture du travail : elle invite à regarder de près les pensées automatiques et les mécanismes qui s’enclenchent face à une situation de travail difficile (l’anxiété anticipatoire avant une réunion, le perfectionnisme qui empêche de « lâcher » un dossier, l’appréhension d’un retour après un arrêt). Je ne pratique pas les TCC à proprement parler, mais cette grille m’aide à repérer ces mécanismes quand ils se donnent à entendre dans ce que vous me racontez de votre travail.
La Psychologie Cognitive & Neuropsychologie : s’intéressent à la mémoire, à l’attention, à la charge mentale et aux fonctions exécutives.
La Psychologie du Développement : Elle étudie la manière dont l’être humain évolue à chaque étape de sa vie (de l’enfance au vieillissement), avec ses crises d’identité et ses transitions.
Leur apport au travail : Utile pour comprendre l’épuisement cognitif (brouillard mental, pertes de mémoire lors d’un burn-out par exemple), l’adaptation des postes aux profils neurotypiques ou les transitions de carrière aux différents âges de la vie.
Le principe clé : les difficultés d’une personne ne sont pas vues comme une défaillance individuelle, mais comme la manifestation d’une tension au sein d’un groupe ou d’un fonctionnement collectif.
Son apport au travail : Particulièrement important ce courant théorique, aide à ne jamais isoler une difficulté de son contexte relationnel; Ainsi un conflit, un blocage de communication dans une équipe, une dynamique managériale, un phénomène de bouc émissaire ne se comprennent jamais uniquement à partir de la personne qui les vit.
Le principe clé : Une écoute empathique, inconditionnelle et centrée sur la personne pour l’aider à développer ses propres ressources et à s’aligner avec ses valeurs.
Son apport au travail : Particulièrement précieuse lors des crises de sens, de sentiment d’injustice, de perte d’alignement avec ses valeurs ou d’élaboration d’un projet professionnel qui a du sens.
Le principe clé : L’être humain est un être social. Ses choix et ses réactions dépendent largement des normes du groupe, des dynamiques de pouvoir, des préjugés et des représentations partagées.
Son apport au travail : Elle est fondamentale pour analyser les phénomènes de groupe, le conformisme, le leadership, la soumission à l’autorité, la stigmatisation ou encore les représentations sociales du travail (ce que la société ou une entreprise considère comme « être un bon travailleur »).

Elle part d’un constat simple : la souffrance professionnelle n’est pas uniquement liée à la personnalité de chacun. Elle naît de la rencontre entre une personne (ses valeurs, ses attentes, ses représentations, son vécu et son histoire) et un environnement de travail concret (ses exigences, ses moyens, ses relations, son organisation).

Elle considère que la souffrance professionnelle n’est pas uniquement liée à la personnalité de l’individu, mais résulte de la rencontre entre une personne et un environnement de travail concret (exigences, moyens, relations, éthique, organisation).

La psychodynamique du travail : (portée notamment par Christophe Dejours) s’intéresse à ce que le travail engage sur le plan psychique : le rapport entre plaisir et souffrance au travail, la quête de reconnaissance, les stratégies que chacun déploie, parfois sans même en avoir conscience, pour continuer à tenir. Elle prolonge, sur le terrain du travail, certaines questions posées par la psychanalyse.
La clinique de l’activité : (développée par Yves Clot) s’intéresse davantage à l’activité elle-même : ce que la personne fait concrètement pour que le travail soit fait, les gestes du métier, l’écart entre ce qui est prescrit et ce qui est réellement accompli, ce qui empêche ou au contraire permet de réaliser un travail dont on peut être fier.
Ce que ces deux approches m’apportent en consultation : l’une éclaire le vécu psychique du travail (ce qu’il vous fait intérieurement). L’autre éclaire l’activité elle-même (ce que vous faites concrètement, et dans quelles conditions). C’est cette double lecture, du vécu et de l’activité, qui guide la façon dont je cherche à comprendre, avec vous, ce qui se joue dans votre situation de travail.
Pour en apprendre plus sur la psychologie du travail je vous invites à consulter mon article Qu’est ce que la psychologie du travail ?
Max Courrouy, psychologue du travail en ligne spécialisé dans la souffrance au travail

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