– Les « Psy » : le dédale de l’accompagnement –

Lorsque l’on se sent mal, il est souvent difficile de savoir à qui s’adresser.
Ne pas savoir vers qui se tourner, ne pas pouvoir en parler, fait d’ailleurs souvent partie du problème, et vient amplifier la souffrance.
On tente alors de se tourner vers des collègues, des amis, des membres de la famille. Parfois même vers des inconnus, sur des forums ou des sites, en se disant que cela facilitera peut-être les choses, après tout, ils ne nous connaissent pas.
Et dès fois, si l’on a eu la chance de trouver une ou des personnes à qui s’adresser, cela peut fonctionner.
D’autre fois, ce n’est pas suffisant, on ne se sent pas écouté assez justement, pas vraiment entendu, pas compris.
Ou bien on n’arrive pas à s’exprimer, à trouver les mots, parfois même à parler tout simplement.
Alors la souffrance reste là, et avec elle un sentiment de solitude qui peut s’accentuer. On s’isole peu à peu, malgré toute l’énergie mise à essayer de s’en sortir.
C’est souvent à ce moment-là que l’on envisage de s’adresser à un « professionnel », à un « psy ».
Et c’est là que l’on entre dans un véritable dédale.
Je vous propose donc ici, en partant de cette difficulté, de vous donner quelques repères pour vous orienter dans cette constellation.
Alors, ces professionnels, qui sont-ils ?
Derrière le terme de « psy », on trouve une grande diversité de pratiques et de statuts.
On peut y croiser :
– des psychiatres
– des psychologues
– des psychothérapeutes
– mais aussi des psychopraticiens, des coachs, des praticiens en bien-être, ou encore des approches plus alternatives.
Cette diversité peut être une richesse mais peut aussi être source de confusion.
Car tous ces professionnels ne relèvent pas du même cadre, n’ont pas les mêmes formations, ni les mêmes méthodes d’accompagnement.
Des professionnels reconnus… et d’autres non
Certains titres sont protégés par la loi.
C’est le cas notamment :
– des psychiatres, qui sont des médecins spécialisés en psychiatrie,
– des psychologues, qui ont suivi une formation universitaire (Master) et sont inscrits dans un répertoire officiel (RPPS)
– des psychothérapeutes, dont le titre est également réglementé en France.
Cela signifie que ces professionnels :
– ont une formation reconnue
– sont inscrits dans un cadre légal
– sont identifiables par d’autres acteurs du soin
À côté de cela, il existe de nombreuses pratiques qui ne sont pas réglementées comme les psychopraticiens, les coachs et autres thérapeutes divers.
Cela ne veut pas dire que ces pratiques et ces praticiens sont nécessairement inutiles ou malveillants.
Mais les exigences en termes de formation, de cadre ou de responsabilité ne sont pas les mêmes.
Pourquoi est-ce important de le savoir ?
Quand on va mal, on cherche souvent quelqu’un qui puisse nous écouter, nous comprendre et nous aider à aller mieux.
Et il peut être difficile de faire la différence entre :
– quelqu’un qui propose un accompagnement structuré,
– et quelqu’un qui s’appuie seulement sur son expérience personnelle ou des méthodes un peu bancales et parfois trop rigides.
Le risque n’est pas seulement de “perdre du temps”,
mais parfois de ne pas être accompagné de manière adaptée à sa situation.
Comment s’orienter concrètement ?
Sans chercher à établir une hiérarchie stricte, quelques repères peuvent aider :
– vérifier la formation : le professionnel indique-t-il clairement son parcours ?
– regarder le cadre : parle-t-il de confidentialité, de limites, de son rôle ?
– être attentif au discours : promet-il des résultats rapides ou des solutions toutes faites ?
– se fier à son ressenti : se sent on écouté, respecté, libre de parler ?
Un accompagnement sérieux ne repose pas sur des promesses, mais sur un cadre, une écoute et un travail dans la durée.
Trouver un professionnel… et trouver sa place
Au-delà du titre ou du statut, la rencontre reste centrale.
Même avec un professionnel qualifié, il peut arriver que “ça ne prenne pas”.
Et inversement, il est parfois possible de trouver un espace qui fait du bien là où on ne l’attendait pas.
Ce qui compte, c’est de pouvoir :
– Parler à son rythme et librement. L’espace proposé par le professionnel est le votre, vous devez avoir le pouvoir d’agir librement (en respectant un cadre prédéfini) au sein de cet espace.
– Se sentir accueilli sans jugement.
– Trouver un espace où ce que vous vivez peut être entendu.
– Que votre demande soit entendue et que le travail proposé tende vers des objectifs concrets et validés conjointement.
Et le psychologue du travail dans tout ça ?
Parmi ces professionnels, le psychologue du travail occupe une place un peu particulière.
Il s’intéresse spécifiquement à ce qui se joue dans le travail : les conditions dans lesquelles il s’exerce, l’organisation, les relations professionnelles, mais aussi la manière dont chacun peut s’y engager, s’y reconnaître… ou au contraire s’y trouver mis en difficulté.
Lorsque la souffrance est liée au travail (stress, conflits, perte de sens, épuisement, sentiment d’impasse), il peut être utile de s’adresser à un professionnel qui prend en compte cette dimension de manière centrale.
En psychologie du travail l’on considère que ce dernier n’est pas seulement un contexte parmi d’autres : il structure une grande partie de nos vies, de nos rythmes, de nos relations, et parfois de notre identité. De plus, les difficultés qui y prennent place ne peuvent pas toujours être comprises uniquement à partir de la seule « défaillance » individuelle, mais doivent être interrogées d’un point de vue plus large, structurel, organisationnel et collectif.
Le rôle du psychologue du travail est alors d’aider à mettre en lien ce que la personne vit dans sa situation de travail concrète : ce qui est demandé, ce qui est possible, ce qui fait tension.
Il ne s’agit pas de proposer des solutions toutes faites, ni de s’adapter à tout prix, mais de permettre une meilleure compréhension de ce qui se joue, afin de retrouver des marges de manœuvre et d’envisager des évolutions possibles.
En conclusion
S’orienter dans le champ de la santé mentale n’est pas toujours simple, surtout lorsque l’on traverse déjà une période difficile.
Prendre le temps de comprendre à qui l’on s’adresse, dans quel cadre, et avec quelles attentes, peut permettre d’éviter certaines impasses et de trouver un accompagnement plus ajusté.
Et parfois, ce premier pas est déjà une manière de sortir, un peu, de l’isolement.
